Abstract
<jats:p>À l’heure où l’Afrique de l’Ouest connaît de profondes recompositions politiques, la Côte d’Ivoire s’impose comme un terrain stratégique pour l’analyse de la manipulation de l’information et de l’ingérence menées depuis l’étranger (FIMI). À l’intersection d’une tendance régionale marquée par une défiance accrue envers les institutions démocratiques et d’un processus de consolidation démocratique à l’échelle nationale, le pays constitue un cas d’étude privilégié pour examiner les dynamiques sociopolitiques de manipulation de l’information et d’influence étrangère. Portées par les réseaux sociaux et alimentées par des crises politiques, sécuritaires et électorales, ces dynamiques sont analysées dans ce rapport afin de comprendre comment les activités de FIMI peuvent influencer les perceptions citoyennes, délégitimer les institutions et accentuer les fractures sociales. Le rapport examine également les incitations et les catalyseurs qui rendent cet environnement informationnel particulièrement vulnérable : défiance envers les institutions électorales, polarisation sociale et politique, fragilité du paysage médiatique, faible niveau d’éducation aux médias, ainsi que la montée en puissance d’acteurs transnationaux exploitant les outils numériques à des fins d’influence. Enfin, il met en lumière les formes sociopolitiques de la désinformation et souligne les défis spécifiques que leur régulation pose en Côte d’Ivoire.</jats:p>