Abstract
<jats:p>La compréhension du handicap nécessite de le considérer en tant qu’objet d’étude pouvant être appréhendé de plusieurs manières ; d’un point de vue médical et biofonctionnel, le handicap renvoie au corps et à son dysfonctionnement ; sous la figure péjorative et dégradante du kokobé (Lomo et Reichhart,2020), il se réfère à des aspects déficitaires illustrés par la déficience, la limitation des capacités fonctionnelles et la difficulté dans la réalisation d’activités. Mais il convient aussi de l’appréhender dans une dimension anthropologique, en tant que production culturelle (Reichhart et Lomo,2020) ; le handicap devient alors une catégorie construite et une réalité sociale cristallisant des valeurs et des représentations, qui elles-mêmes déterminent des attitudes et pratiques. Ces dernières constituent une fenêtre sur la signification du handicap, reflétant la place accordée à la personne handicapée au sein de la société. Partant de ce postulat, le handicap peut être abordé comme le réceptacle de jugements, d’une manière de voir le monde et les autres, de concevoir un vivre ensemble incarné par des pratiques sociales se manifestant diversement par le rejet, la mise à l’écart, la diabolisation ou encore la sacralisation voire divinisation.</jats:p>