Abstract
<jats:p>En 1755, le nouvel ambassadeur français auprès de la Porte Ottomane était accompagné de deux officiers français d’origine hongroise, André et François de Tott, père et fils, qui partirent pour l’Orient au nom du roi. Le jeune François de Tott arriva à Constantinople pour effectuer un voyage d’études, notamment afin d’apprendre les langues orientales et d’étudier les moeurs des habitants locaux. Il devait faire un rapport de ses observations à Jean-Pierre Tercier, le chef de la diplomatie secrète du roi. Le jeune agent rédigea son premier rapport, intitulé Mémoire sur la Turquie, en 1757. Ce document décrit avec une précision encyclopédique le système social et religieux, les affaires militaires et le système politique des Turcs ottomans, dans la lignée des idées des Lumières. L’ouvrage reflète clairement l’expérience personnelle de l’auteur ainsi que l’influence de la philosophie française des Lumières. Le jeune orientaliste remania ensuite son texte à plusieurs reprises et, à son retour en France, l’envoya à plusieurs personnalités importantes, dont le philosophe Voltaire. Il aborda également ce sujet dans un écrit publié dans le Journal encyclopédique en 1765, ce qui influença probablement l’entrée intitulée Turquie dans l’Encyclopédie rédigée par le chevalier de Jaucourt, ainsi que d’autres ouvrages de l’époque. L’auteur publia finalement ses réflexions dans ses Mémoires, parus pour la première fois en 1784.</jats:p>