Abstract
<jats:p>Nous analysons la redéfinition du rôle de la langue latine au XVIIIᵉ siècle à partir de l’étude de Collège de D’Alembert dans l’Encyclopédie. Nous montrons que l’ouvrage ne rejette pas le latin en bloc, mais distingue son usage scientifique, encore nécessaire à la communication savante européenne, de son enseignement traditionnel dans les collèges, jugé formaliste et conservateur. À travers la critique des méthodes pédagogiques, nous mettons en évidence que l’Encyclopédie inscrit la question du latin dans une réforme plus large de l’éducation, orientée vers l’utilité, l’expérience et l’autonomie intellectuelle. Le débat trouve son point culminant dans l’Affaire Tolomas, qui révèle que la querelle linguistique constitue également une lutte de pouvoir autour de la définition du savoir et de l’autorité culturelle.</jats:p>